Le 28 avril 2006 débutait la tournée Française d'un groupe que l'on ne vous présente plus : kagerou. Bénéficiant d'une reconnaissance grandissante, en plus des fans de la première heure, les médias plus généralistes (télévision, radio et magazines) et par extension, le grand public, s'intérressent de plus en plus au son "kagerou". Entre l'émission de radio du Mouv', réalisant un score de près de 100.000 auditeurs, les concerts de Paris, Lille et Strasbourg remportant tous un franc succès, l'émission spéciale J-Rock sur MTV Pulse, et leur scéance de dédicace à la Fnac des Champs Elysées avec plus de 600 fans qui attendaient autographes ou autre bisous de leurs idoles, on ne peut plus dire que le rock japonais est à réserver à une minorité. Gageons que le mouvement ne fera que s'amplifier dorénavant.
Comment se déroule cette tournée Européenne ?
Kazu : C'est super comme d'habitude, à part un petit incident imprévu (rires)
Pour nos lecteurs avides d'informations, peux tu en dire plus sur l'incident en question ?
Daisuke : (rires) Ce n'est pas très glorieux mais j'avoue m'être fêlé les côtes en sautant dans le public allemand.
Et ça va mieux maintenant ?
J'ai encore mal quand je ris ou quand je pousse un peu la voix, mais je tiens le coup (NDLR : ce qui ne l'empêchera pas de sauter à nouveau dans le public deux jours plus tard à chaque concert effectué).
Pouvez vous nous parler de votre futur album ?
Kazu : On est encore en enregistrement actuellement, donc on ne peux pas trop en dire, ce qui est sûr c'est qu'il sort en été.
Et vortre prochain single ?
Daisuke : Ce sera une oeuvre qui aura un "goût" authentiquement rock.
Comment avez-vous trouvé votre passage à la radio hier ?
Shizumi : C'était sympa, on a pu jouer nos morceaux dans les studios du Mouv et c'est une belle expérience, mais j'ai été étonné de voir qu'alors que nous étions les invités de l'émission, une grande partie était réservée à des sujets n'ayant rien à voir avec la musique, ou encore le fait que l'on parle de Dragon Ball pendant 20 minutes m'a un peu déconcerté. J'aurai aimé qu'on parle un peu plus de musique (tout le monde fait une mine d'approbation)
Vous avez déclaré une fois qu'on vous posait souvent les mêmes questions en Europe, est-ce une frustration ? Y'a t-il des questions que l'on ne vous pose pas et que vous aimeriez que l'on vous pose ?
Kazu : Ce n'est pas une critique mais fait auquel on ne peut rien, les questions des européens vont de pair avec le fait que nous faisons pas de concerts en Europe depuis longtemps. De ce fait, les médias nous découvrent et ne nous connaissent pas forcément bien, ils ont donc besoin de repères en nous posant des questions en rapport à des groupes qu'ils connaissent eux et qui n'ont pas forcément un lien direct avec nous ou notre musique. C'est un problème de temps, plus les européens nous connaîtrons, plus les questions gagnerons en profondeur.
Daisuke : Du fait que les français ne parlent pas japonais, il est ardu de nous poser des questions ayant un rapport avec le sens des paroles de telle ou telle chanson, par exemple, on ne peut pas me demander dans quel état d'esprit j'ai écrit tel ou tel texte...
Shizumi : D'ailleurs c'est pour pallier à ce genre de problème que je pense qu'il faudrait mettre les traductions de nos paroles dans les livrets des CD destinés à la vente européenne, de ce fait il y aura un peu plus de matière pour les interviews.
Comment se passe le processus de création chez kagerou ? Comment naît une chanson ?
Daisuke : Moi je m'occupe essentiellement des paroles, même si je participe à la composition aussi.
Shizumi : En ce qui concerne la composition, par exemple, l'un d'entre nous ramène une ébauche de "compo", ensuite on fait les arrangements tous ensembles. Par exemple pour Guroushoku et Ragan, c'est Yuana qui a amené l'idée de base, et ensuite tous ensemble, on a fait les arrangements pour que ces compositions soient vraiment dans le style "kagerou".
A chaque fois que vous venez en France c'est pour le travail, si vous pouviez juste vous reposer, qu'aimeriez vous faire ?
Daisuke : Passer des vacances à Nice !
Shizumi : Je veux aller à Disneyland Paris.
Kazu : Me balader dans la ville, manger au restaurant, c'est un peu ce qu'on fait en ce moment pendant notre temps libre, ça me convient tout à fait.
Yuana : J'aimerai bien visiter les musées de Paris, on a pas assez de temps pour ce genre de choses quand nous venons en concert malheureusement.
Si dans une nouvelle vie vous étiez français, que souhaiteriez vous devenir ?
Daisuke : Devenir Lupin III (NDTrad : Edgar le détective cambrioleur)
Kazu : Si je me réincarnais en français ? Eh bien... En musicien je pense, et comme nous le faisons en ce moment en France, je partirais faire écouter écouter ma musique aux japonais (rires)
Shizumi : J'ouvrirai un restaurant Japonais.
Yuana : Je fonderais une famille.
Le clip de Zetsubou ni sayonara a été tourné à Paris, dont une partie dans le métro, qui en a eu l'idée ?
Kazu : On a tous eu l'idée de le faire ainsi, dans le métro de Paris, puisque nous nous y trouvions déjà et que le single venait de sortir, cela allait de soi.
Votre titre qui marche le plus en France est Zetsubou ni sayonara, qu'en est-il au japon ?
Daisuke : Yuugure no shazai peut-être...
Kazu : Oui, c'est pour nous une chanson particulière et à chaque fois que nous la jouons en concert, les gens réagissent avec beaucoup d'émotion. C'est un peu notre chanson fétiche.
Alors comment expliquez vous que Zetsubou ni sayonara connaisse un tel succès en France ?
Kazu : Quand nous sommes venus pour la première fois en France, le single venait juste de sortir, je pense qu'il y a un rapport avec la promotion que vous avez faite ici auprès du public et des médias.
Daisuke, les thèmes de tes chansons sont-ils toujours les mêmes, ou avec le temps, abordes-tu de nouveaux sujets ?
Daisuke : Les thèmes ne changent pas particulièrement, mais la manière de les écrire change, mon évolution personnelle, le temps qui passe, cela influe peut être sur l'écriture mais pas fondamentalement sur les thèmes "humains" qui me tiennent à coeur.
Plus précisement, quelle est la dernière chanson dans laquelle tu as mis vraiment tout ton coeur, celle qui te représente le plus ?
Daisuke : Kusatta umi de oborekaketeiru boku wo sukettekureta kimi (NDTrad : Toi qui m'a sauvé alors que j'étais sur le point de me noyer dans cette mer putréfiée).
Merci pour vos réponses et donnez le meilleur de vous-même à Paris, Strasbourg et Lille !
Tous : Merci ! On va se donner à fond ! Merci aussi à tous ceux qui écoutent notre musique de se déplacer toujours si nombreux, nous ferons toujours de notre mieux pour répondre à vos attentes !
Magazine : Japan Vibes n°29 juin 2006, page 62 et 63